Grace Baye, le spécialiste des couches lavables en coton bio

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La Marne - Mercredi 13 janvier 2010

Le retour des couches lavables

Au hameau de Bois Fleuri, la société Grace Baye propose des couches lavables. Une alternative économique et naturelle aux couches jetables.

Bébé consomme en moyenne 5 500 couches jetables jusqu'à l'âge de 2 ans et demi, ce qui entraîne pour lui seul l'abattage de quatre arbres et demi, l'utilisation de 80 tonnes de pétrole pour produire au final une tonne de déchets non recyclables puisque la couche jetable, inventée en 1956, met entre trois et cinq siècles pour se décomposer ! Pas étonnant que le change lavable utilisé jadis par nos anciens revienne à la mode puisqu'il nécessite quatre fois moins d'énergie, deux fois moins d'eau, huit fois moins de matière première non renouvelable et coûte surtout trois fois moins cher... même si l'on inclut eau, électricité et lessive. L'achat de couches jetables représentant un budget annuel d'environ 2 000 euros, l'économie de 1 350 euros est donc loin d'être négligeable. Enfin, une couche lavable s'utilise au moins 200 fois, peut servir de chiffon et se décompose intégralement en six mois.

Le choix du bio

Grace Baye est née en Chine. A 17 ans, Bac en poche, elle quitte Canton pour entreprendre des études de stylisme à Paris. En 2001, elle rejoint le groupe LVMH, leader mondial de luxe, et installe la première boutique Vuitton de prêt-à-porter à Shanghaï. Trois ans plus tard, elle épouse le peintre Jean-Sébastien Baye et s'installe à Claye Souilly. Le déclic se produit peu après la naissance de sa fille : elle créera en mai 2008 sa société de vente par correspondance de couches lavables 100% coton naturel, une initiative entrepreneuriale qui s'inscrit dans le respect de ses valeurs.

Tandis que la culture classique du coton requiert un usage intensif de pesticides, celle du coton biologique est plus saine pour l'homme et la nature car les parasites sont combattus à l'aide d'extraits naturels de plantes, préservant ainsi la santé des récoltants et la survie des oiseaux et insectes utiles. Le coton bio préserve l'eau potable, protège les sols fertiles et sa culture interdit les manipulations transgéniques. Il procure également un revenu stable aux producteurs locaux car c'est un produit très convoité si l'on en juge par son exploitation qui s'accroît de 35% par an. Le coton sélectionné par Mme Baye provient de la province de Xinjiang, la Chine étant le quatrième producteur mondial de coton bio après la Turquie, l'Inde et les Etats-Unis. Les couches Grace Baye sont confectionnées sur place, dans l'une des plantations les plus importantes de coton bio pour que les matières premières ne soient pas altérées lors du transport et pour apporter un soutien à l'économie locale.

Le produit fini se compose d'un voile de protection (anti-salissure, lavable et biodégradable), un lange lavable (en coton biologique) et une culotte imperméable également en coton naturel, déclinée en deux modèles, qu'il n'est pas nécessaire de laver à chaque change. La vente par internet permet à Mme Baye de recevoir les commandes d'une clientèle internationale. Elle constate que les mentalités évoluent: "Les parents se rendent compte que la machine à laver peut aussi recevoir la couche de leurs bébés et que cela ne leur coûte pas plus cher en lavage".

Plus sain pour bébé

La seule solution pour éviter les irritations fessières consiste à changer bébé le plus souvent possible (en moyenne cinq à six fois par jour). Or les couches jetables n'incitent pas à le faire du fait de leur coût. Dans leur composition, elles recèlent des produits chimiques, tels le gel absorbant (polyacrylate de sodium), des parfums, des agents biocides, des plastiques étanches pour retenir les fruites. Elles sont souvent blanchies au chlore, ce qui accroît les irritations cutanées. Avec le change lavable, hypoallergénique et confortable, la peau de l'enfant est exempte de tout contact chimique. Elle respire et les allergies sont d'autant mieux évitées.

Meilleur pour la planète

Les couches lavables utilisent moins de ressources et génèrent moins de déchets que les jetables mais elles suscitent des réticences, certains les considérant encore d'un autre âge. Pourtant en jetant une couche souillée à la poubelle, on favorise le cycles de la pollution car, pour bien faire, il faudrait la débarrasser de son contenu dans les WC. Or, après la poubelle, le change de l'enfant sera acheminé vers un centre d'incinération. Il provoquera des émissions de produits toxiques dans l'air que nous respirons, à savoir de la dioxine ou du chlore. Autre probabilité, la couche-culotte ira polluer le sol dans un centre d'enfouissement et contaminera la nappe phréatique où séjourne l'eau que nous buvons. En utilisant le change lavable, on soulage nos poubelles, on évite la prolifération des mauvaises odeurs, on encourage les cultures biologiques, on assure un revenu aux petits producteurs locaux et l'on préserve au final l'environnement. De nombreux pays européens ont déjà fait le choix du change recyclable. Il n'y a ni âge ni frontère pour devenir éco-citoyen.


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